Chronique d’une prof en tongs…

Quand pédagogie rime avec bikini…

Je te l’avais promis, le voilà cet article sur mon train-train avec mes élèves à Phuket.

Je travaille donc dans une école internationale… ça veut dire quoi ? ça veut dire que 59 nationalités se côtoient quotidiennement et que l’école propose deux cursus (français ou anglais ) à ses étudiants. Il y a évidemment plus d’élèves et de profs anglais, les réunions d’équipes se font donc en anglais ainsi que les mails, les projets etc… Et là je t’imagine en train de blémir en pensant à ton niveau d’anglais se résumant à « Where is Brian?… » on connait la suite… Pas de Panique ! Tu n’es pas Shakespeare ? C’est pas grave ! Certains de mes collègues ne disent pas un mot d’anglais et pourtant ils sont bien là, et on se débrouille. Et puis en entendant de l’anglais toute la journée, tu vas vite progresser !

« Maitresse, c’était comment en France? »

Bon en France j’ai pas vraiment besoin de vous faire le tableau des conditions de travail (vous les connaissez voire vous les subissez…). Classes surchargées, budgets serrés, élèves sans suivi, parents démissionnaires, hiérarchie autoritaire,… et j’en passe. Et à 12 000 km qu’est ce qui change me direz-vous ? Et bien, tout change !

J’ai actuellement une classe de CM1-CM2 composée de 12 élèves. Oui tu peux relire, j’ai écrit 12 élèves, pas un de plus ! Je travaille 5 jours entiers par semaine et suis dans l’établissement environ 42h sur 5 jours (ah oui ! moins d’élèves mais plus de présence !). Ceci dit j’ai le temps de faire mes corrections et mes préparations à l’école donc pas de travail à la maison au plus grand bonheur de mon Juju. Je porte un uniforme comme tous mes collègues, on s’y fait, ça ne pose pas de pb ici c’est toujours le cas dans toutes les écoles.

En pratique…

La vraie différence, c’est que je suis détendue ! 12 élèves, gentils comme des agneaux, des pauses dans ma journée car je n’assure pas les cours d’EPS ni d’Anglais… et une liberté pédagogique assez importante pour créer des projets avec mes collègues sans que l’on vienne nous embêter.

Ah oui mes collègues justement… une équipe hyper-dynamique et motivée (c’est souvent le cas à l’étranger) et surtout très soudée. Quand j’ai installé ma classe à la rentrée (affichages,…) ils sont tous venus m’aider spontanément (je les adore !). Tous ne sont pas profs mais possèdent de l’expérience à l’étranger, ils sont créatifs et bienveillants. Ça change de l’ambiance morose que j’ai pu rencontrer en France ( mais attention j’ai aussi travaillé dans des écoles avec des équipes françaises formidables je fais un petit clin d’oeil à l’école du Viaur!). Bref tes collègues, ce sont les premiers à t’accueillir quand tu arrives, à t’aider et à te soutenir,… et les conditions de travail aidant la notion d’équipe est très forte ici !

Trop facile ce job ! On signe où ?

Oui, oui je ne peux qu’acquiescer… c’est vraiment très très bien de travailler comme ça. Mais ne crois pas qu’il n’y a pas parfois un peu de sable dans la noix de coco. Prof à l’étranger c’est aussi quelques difficultés.

D’abord, le matériel pédagogique… trop dur de se faire envoyer du matériel toute l’année, tu n’as qu’une grosse commande en août pour décider. L’accès aux livres est horriblement difficile et on en manque cruellement. C’est un vrai problème pour les élèves.

Le profil des élèves. J’ai dit qu’ils étaient gentils et c’est vrai, tu n’auras pas forcément des profils d’élèves difficiles (je te rappelle que ces écoles sont privées et coûtent chers donc la catégorie socio-pro des parents est définitivement au-dessus de la nôtre). Mais tu vas être face aux pbs de tous les profs à l’étranger: les élèves binationaux ou allophones. Car dans une école internationale ou française à l’étranger ne crois pas que les expatriés français représentent la majorité des élèves. Non non non ! Ce sont les élèves dont un des parents est français ou les élèves originaires du pays qui sont les plus nombreux ! En pratique ça veut dire quoi ? Ça veut dire des élèves qui parlent trois langues sans en maitriser aucune, qui ne sont pas forcément immergés dans le français à la maison et qui en CE2 ont un vocabulaire comparable à celui d’un petit français de 4 ans environ. Encore une fois pas de panique ! C’est vraiment très intéressant de les accompagner dans l’acquisition de la syntaxe et du vocabulaire. Petite frustration quand les familles ne t’aident pas (oui parfois ils paient alors ça sous-entend qu’ils ne feront rien de leur côté !).

Le moment souvenir

Ce que je retiendrai de mes deux années en Thaïlande au niveau professionnel, c’est ce que j’ai gagné en ouverture d’esprit et en bienveillance au contact de mes élèves et de mes collègues. Je vais partir le coeur coupé en deux de devoir les laisser mais j’emporte dans ma tête un super polaroid de cette école avec ses palmiers !

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