Prof détachée…2 Xanax, s’il vous plait !

Il est des combats autrement plus difficile que la guerre contre les fourmis que je t’ai racontée dans mon article précédent. Alors aujourd’hui je te parle de comment l’administration française a failli me rendre cinglée pas plus tard qu’hier.

Je vais entrer en septembre dans la famille très sélective des professeurs détachés. Détachés ? Mais de quoi s’agit-il ? me diras-tu… Eh bien un prof détaché c’est un prof qui est reconnu par le ministère comme travaillant à l’étranger et qui conserve son poste et ses droits même ailleurs.C’est une chance puisque cela m’évite de ne pas cotiser ou de devoir payer une assurance (ce que je fais actuellement et qui me coûte les yeux de la tête !). Je disais donc en septembre, fini les soucis, la France me détache au Guatemala ! La nouvelle est tombée le 6 mars, grande joie, grosse fête car les postes sont difficiles à obtenir !

En apprenant la nouvelle je me suis dit : Chacha le plus dur est fait, tu l’as eu ce p***** de poste !

Bon c’était avant que je comprenne qu’allait s’enclencher la machine infernale de l’administration publique française. Les 9 cercles de l’Enfer de Dante à côté c’est une balade de santé !

Étape 1: tu remplis pleins de papiers pour créer ton futur dossier et demander ton détachement, Tu réécris 1000 fois ton nom, ton âge, ton ancienneté… ton adresse – ce qui est très con puisque tu vas déménager-mais tu restes souriante car on t’a bien annoncé qu’après, le dossier était pris en charge par l’AEFE et que tu n’avais rien à faire de plus.

Étape 2: tu renvoies le tout et tu attends des nouvelles de ton inspection académique.

Étape 3: les nouvelles tardent… pas de réponse… que se passe-t-il ? Le stress commence à monter car tu sais que potentiellement ton administration peut refuser de te détacher, et vu la réforme de M.Blanquer, les temps sont durs pour les profs !

Étape 4: n’y tenant plus, tu envoies un petit mail pour savoir où en est le dossier… réponse : Quel dossier ?

AAaaaaaaaaah, là ce n’est plus du stress c’est carrément un tsunami de désespoir qui te submerge. 1 Xanax pour toi avant de repartir au combat ! Comment ça quel dossier ? Celui que j’ai rempli en écrivant 1000 fois mon nom et que j’ai envoyé le 8 mars au Guatemala !

Tu passe au plan B ! L’appel à un ami. Bon il se trouve que l’ami en question c’est mon père… D’abord ben c’est mon père je lui fais confiance pour appeler à ma place, ensuite ben c’est mon père il va gérer la situation, enfin c’est mon père et il peut faire très peur aux fonctionnaires publics avec sa grosse voix ! Me voilà donc en train de lui raconter par le menu que mon dossier s’est visiblement perdu dans les méandres des bureaux administratifs de l’AEFE ou de l’Éducation Nationale, il va donc devoir appeler mes différents interlocuteurs !

C’est parti pour un marathon téléphonique dans lequel Monsieur A te dit d’appeler Madame B qui a reçu ton dossier le 9 mars. Madame B assure que Madame C l’a elle aussi reçu le 13 mars à 15h58. C’est donc que le problème se situe entre les bureaux 456 et 698 de l’Académie de Toulouse… Aïe Aïe Aïe ma tête ! On arrive finalement à appeler la personne qui m’avait demandé « Quel dossier? » au début pour savoir comment faire.

Après 1 heure de tractations téléphoniques, mon père est en ligne:  » Le détachement de Madame Abeillé ? – Oui oui tout est bon, on a tout ce qu’il nous faut, on attend juste le papier mais tout est validé !!!! »

Stupeur, effarement, confusion… Cette même personne, qui m’a envoyé un mail deux heures auparavant pour me dire qu’elle n’a pas mon dossier, vient de dire que tout était dans l’ordre à mon paternel.

Bilan: on a appelé la France entière en disant mille fois la même chose pour s’apercevoir que la gestionnaire en charge de mon dossier doit souffrir de bipolarité puisqu’en l’espace de deux heures elle a dit deux choses totalement opposées. La batterie du téléphone est à plat, mon père est remonté comme un coucou suisse et moi je suis plus que « confusionnée » si je puis dire…

C’est ça l’administration française, tu transpires, tu t’inquiètes, tu attends, tu te démènes… à la fin tu n’as aucune idée de ce qu’il vient de se passer. Il est maintenant 23 heures en Thaïlande et j’ai tellement puisé dans mes réserves d’énergie que je suis lasse, lasse, lasse… Encore 1 Xanax, et au lit !

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