Un pied en France, et l’autre ailleurs…

Tribulations d’une prof dans les DOM

Salut à toi prof de tous les pays, ça faisait longtemps que je n’avais donné des nouvelles… Excuse moi donc car l’année 2020 a été relativement agitée n’est ce pas ?! Souviens toi on s’est quitté j’étais résidente au Guatemala et me voilà maintenant en Guadeloupe.

« Mais que s’est-il passé ? Quelle mouche t’a piquée ? », je t’entends déjà te poser la question. Eh bien disons que la pandémie m’a obligée à quitter l’amérique centrale. Avec mon Jules tu vois, on s’y est pas retrouvés vraiment, peut être on en attendait trop… Peut être le Guatemala c’était pas fait pour nous après tout… Toujours est-il cher collègue voyageur qu’on a décidé que trop c’était trop et qu’en ces temps confinés nos amours insulaires seraient les bienvenus. Nous voilà donc mutés en Guadeloupe, histoire de revenir sur le sol français pour y passer un ou deux concours utiles pour le futur.

Bon je te passe les détails de mon année guatémaltèque avec ses 5 mois de travail en distanciel sur Zoom, j’imagine que toi aussi tu as vécu ça. Toujours est-il qu’au moment de partir les frontières étaient fermés et le confinement très strict avec aéroport fermé. Nous voilà donc à demander une dérogation pour nous rendre à la frontière mexicaine afin de prendre un avion pour Mexico. Trouver un chauffeur pouvant nous emmener et tout le tralala quoi ?! Bref après plusieurs tractations on y arrive mais les ennuis continuent car il faut passer le poste frontière à pieds ( les véhicules sont interdits à cause de la fermeture des frontières)… Donc je résume il faut marcher environ 200 mètres sur un pont de la douane guatémaltèque à la douane mexicaine… Et là tu penses « Oui bon, c’est facile! » Que nenni, que nenni… il faut marcher avec tous tes bagages que tu ramènes en France et aussi ton tout nouveau copain de confinement, la star de la famille, j’ai nommé Gaston le Golden Retriever à l’époque âgé de 4 mois et pesant 18kg qui devait être transporté dans une cage de 11 kg… Bref tu vois le tableau ?! Ajoute à cela 4 heures à la douane mexicaine, 1 premier avion jusqu’à Mexico, une escale de 24h, un second avion jusqu’à Paris et 9 heures de voiture jusqu’à Toulouse et te voici dans le vrai ! S’ensuivra 15 jours de quarantaine, 2 tests PCR, un test d’immunité contre la rage pour Gaston et les vacances d’été pourront commencer.

Mon activité préférée

En Août on remballe direction la Guadeloupe, le sud de Basse Terre: Trois rivières où un poste en SEGPA m’attend (ben oui fallait pas croire que j’allais avoir un poste du feu de dieu). Finalement deux jours après la pré-rentrée on modifie mon affectation mais on me laisse en segpa quand même, faut pas déconner… j’atterris à Capesterre Belle Eau.

Entre temps mon Jules ne trouve pas de travail, la situation mondiale n’aide pas, et nous sommes obligés de déménager 2 fois.

Depuis janvier nous voici enfin bien installés, dans un lieu paradisiaque et avec un chouette maison pour le petit Gaston qui a maintenant 1 an et pèse 30kg. Juju n’a toujours pas de travail mais un projet de formation et on essaie de profiter de cette île au maximum.

Mais même si la Guadeloupe c’est très beau, je ne peux m’empêcher d’écrire ici que le retour en france est rude. A l’étranger on oublie vite que le système est si maltraitant. Morosité générale, ras-le-bol des collègues, vétusté des locaux, du matériel, établissements sous-équipés… où est passé le temps des écoles internationales où le cadre de travail est à la hauteur des relations avec les collègues et les familles. Pourquoi le fossé est-il si profond ? Pourquoi l’éducation française est mieux représentée à l’étranger que sur son propre sol ? J’assiste à la lente agonie de l’Éducation nationale en France.

Je rêve d’expliquer à mes collègues que travail peut rimer avec motivation et envie mais je constate que dans de telles conditions il serait malvenu de dire de telles choses. On est abandonné, on a démissionné, l’éducation devient le minimum alors qu’elle devrait être l’extrême priorité…

Quel gâchis ! Tous ces collègues qui étaient prêts à en découdre et qui se sont fait piétinés par le système.

Alors je pars travailler un peu floue, me demandant parfois moi aussi ce que je fais là, persuadée qu’à l’étranger je ne me suis jamais posée cette question. Mais j’aime ce travail, j’aime les défis et je suis là pour atteindre des objectifs que je me suis fixés. Je suis inscrite au CAPPEI et j’envisage de passer le CAFIPEMF, autant de chances de repartir encore mieux armée dans quelques années.

En attendant je vous écrirai pour vous décrire la vie en Guadeloupe et plus généralement dans les Antilles, si certains d’entre vous sont intéressés.

La bise de nous 3 et en prime une photo de Gaston le Terrible.

Gaston le Fripon

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