Le blues du globe-trotter…

Il fallait bien un article un peu triste versé dans le sentimentalisme et aussi un peu dans la plainte… Ben oui parce que c’est pas tout les jours la fête quand même quand on voyage.

Aujourd’hui c’est le 5ème mois que nous démarrons en Amérique Centrale, je viens de fêter mes trente cinq ans. C’est un début d’année en demi-teinte où l’on réalise que c’est difficile quand même de tout reprendre à zéro. Tout ses efforts pour aller vers l’autre qui parfois sont vains car on n’est simplement pas compatibles… Y’a un truc quand tu voyages c’est que comme tu veux rencontrer les autres, tu investis la rencontre à fond alors tu peux vite être déçue…. Tu as envie que ça fonctionne, tu as envie de rigolades, de complicité, de soirées apéro… mais parfois, il faut laisser le temps au temps, on n’a pas des amis en 3 jours, on ne se confie pas si vite, on ne se dévoile pas si facilement… Passée l’excitation du début, il faut être patient et rebâtir. C’est dur de rebâtir, c’est fatigant de rebâtir, c’est pénible et usant. On n’a pas envie d’être déçu, on n’a pas envie de s’investir pour se prendre les pieds dans le tapis.

Alors parfois on se sent seul. À qui se confier ? À qui raconter ses moments douloureux ? Mon Jules n’est pas mon psy et puis, lui aussi il a ses moments… On discute de tout ça mais on est nostalgique d’une épaule amie où s’épancher tranquillement.

Je mesure la difficulté de cette vie… On regarde les gens qu’on connaissait s’éloigner de plus en plus, la distance fait exploser les relations. On l’a choisi, on apprécie ce nomadisme et cette liberté mais cela a un coût. Il faut être solide pour l’accepter, pour voir les amis d’avant prendre leurs distances, tourner le dos voire critiquer nos choix. Je ne rentrerai pour rien au monde, mais cet article s’adresse à tous ceux qui ont la même vie que moi et qui ressentent parfois ces obstacles. On a le droit de s’effondrer et de se plaindre un peu. Et à tous nos détracteurs, vivre à l’étranger c’est aussi « la vraie vie »,…. qui n’a pas entendu « Ah mais oui, tu vis ailleurs c’est pas vraiment la vraie vie ! »… Ben si c’est la vraie vie et elle est pas tous les jours faciles et c’est pas de la tarte quand tu es à 12 000km de tout ce que tu as toujours connu.

À ceux qui restent et qui oublient, sâchez que nous là bas on n’oublie pas et on est triste de voir que l’on s »efface si facilement. Sâchez qu’on pense à vous mais qu’on a la sensation d’avoir perdu le droit de le dire parce qu’on est partis. À ceux qui restent et n’oublient pas, merci d’être là malgré tout, malgré l’éloignement, l’absence, les aléas de la vie.

On ne part pas pour fuir les autres, on part pour se rencontrer, pour se sentir plus libres et plus vivants. L’expérience est belle mais aussi amère. J’avais envie de vous écrire ce petit morceau d’intimité que beaucoup taise… Partir et renoncer c’est difficile. C’est aussi très palpitant et exaltant mais on a parfois un pincement dans le coeur.

À tous ceux qui nous connaissent, vous nous manquez chaque jour. Mais on n’oublie pas.

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